DÉFI BRUTAL PARTIE 2/2 – La dimension sensorielle dans mon travail artistique

Cet article a été rédigé dans le contexte de participation au #defibrutal, un défi proposé par Alexandra Martel sur les réseaux sociaux dans le but de stimuler sa créativité, de produire en un temps donné de 24h pour chaque défi, et de partager ses productions.
Le défi proposé ce jour consistait à choisir un message vrai que l’on veut exprimer à propos de soi ou de son travail et de montrer la véracité de ce propos par de nombreux petits détails et exemples.

Après avoir introduit mon propos en expliquant en quoi il me semblait indispensable de cultiver davantage l’écoute de ses ressentis pour être plus authentique (dans la partie 1), je vous présente ici ma participation au défi qui détaille le message suivant : je confère une grande importance aux dimensions sensorielles dans l’ensemble de mes propositions artistiques.

Mon atelier de création

Voici mon atelier : cartes postales en carton souple aux bords déchirés, pages de magazines empilées en attente d’être classées et regroupées ensemble par des pinces en laiton. Un cookie maison au beurre de cacahouète entouré de miettes est le dernier resté dans une assiette rose et bleue. Tâches de peinture opaques sur des supports rigides, papiers imbibés de thé, quelques aquarelles qui sèchent. Un des chats ronronne sous la chaleur du radiateur, l’autre joue avec les morceaux de rubans qui dépassent d’une boîte recouverte de velours. Miaulement. Je lance la playlist de Rose pour la troisième fois, prends une gorgée de chocolat chaud et saisis un pinceau touffu avant de lasurer mon support d’un bleu que j’utilise à même le tube. Des bruits de papier froissés, de ma main qui fouillent dans la boîte de petits objets viennent ponctuer le « et j’ai laissé passé l’été » de la chanson sur des notes de piano.

Mes productions sont à l’image de cette ambiance, empreintes de multiples dimensions sensorielles. La diversité des matériaux, des techniques, dit la pluralité des sensations possibles. Tous ces éléments mixés parlent de la complexité du réel qui nous entoure, de toutes les merveilleuses opportunités de ressentis à explorer.
Chaque œuvre est un produit artisanal né de rencontres de matières et d’actions qui ont fait de lui ce qu’il est alors. Un objet unique, avec un passé même jeune. Une conception et une réalisation authentique.
Avec mes petits doigts je perce, tisse, trace, froisse, déchire, ce qui me vaut à ce moment précis d’ailleurs de taper au clavier en me passant de mon index gauche dû à la gouge passée un peu trop près en creusant un ours dans une plaque de lino hier. Expérience de vie.
Tout n’a pas à être lissé, impeccablement propre, aux traits de construction gommés, et appauvris des multiples possibilités existantes. Tout objet, tout être, n’a seulement qu’à s’incarner, à être là, à être vrai. A dire ce qu’il a à dire : ses heures de travail, ses expériences sur le chemin, ce qu’il a grandi, changé, ce qu’il a pensé et qu’il ne pense plus. C’est ainsi qu’il nous procure un ressenti.
Il a juste à dire son existence, sa vie. Il a juste à se dire lui-même, sans rien faire d’autre qu’être là et se montrer tel qu’il est.

Mes représentations publiques

Mes présentations, représentations et spectacles mêlent de la même manière techniques visuelles, sonores et habitent un espace-temps éphémère de mots, de couches de peinture, de chants, de papiers, pour créer une alchimie propice à l’émergence des ressentis. Les silences sont là aussi, pour permettre de mieux les écouter.
Dans mes expositions, hors de question de ne pas toucher. On se priverait alors d’un pan sensoriel entier. On ouvre des tiroirs, on peut prendre l’ours pelucheux qui attendait à l’intérieur. On peut participer, essayer, chanter aussi.

Mes ateliers d’expression artistique

Lors de mes ateliers d’expression artistique, on retrouve le café tout juste sorti de la cafetière italienne. Il va falloir attendre un peu pour le boire. Les beignets de la boulangerie du village, on essayer de retrouver lesquels sont à la confiture et lesquels sont au chocolat … ou on en prendra un au hasard. Romane choisit plusieurs perles et les dispose sur un carré de tulle. Elsa s’installe sur le bureau en bois à côté du grand vase doré garni de branches et de fleurs séchées. Elle sort du papier calque dans un bruit que personne d’autre n’a décelé, mais que toutes ont entendu. Elle choisit sa gouge et une plaque de gomme à graver. Lilas attrape plusieurs bidons de peinture et commence à mélanger sur sa palette pour obtenir différentes nuances de bleu. C’est Lou Lesage en fond sonore, parfois Pomme sur ma platine vinyle. Parfois aussi, on joue de la guitare ou de l’autoharpe et on chante. Lola reprend un verre de jus d’orange et je la vois observer les traces laissées par les coups de pinceaux sur sa production fraiche.
Au mois de juin, on ira se promener avec un appareil Polaroïd et un carnet de croquis. On ira saisir, par les couleurs et les matières, ce que nous procure le chant des oiseaux, ou l’on dansera pour exprimer les ressentis que nous inspirent les arbres … qui sait ?

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