Prédation, Collection confinement – Avril 2020

Présentation de la collection

La collection Prédation, mettant en scène les personnages des Violets, est une réponse artistique à l’une des problématiques fondamentales en lien avec la situation sanitaire actuelle.

La suspicion de Zoonose (maladie qui se transmet de l’animal à l’être humain), ainsi que le merveilleux (re)développement de la faune et de la flore pendant notre enfermement humain nous amènent à reconsidérer notre rapport au vivant.

La malle

J’ai souhaité symboliser la boîte monde par une série de photographies que vous pouvez retrouver dans l’article le Shooting des Violets. Le personnage du Violet tient dans le creux de la main du marionnettiste habillé de cerfs et d’étoiles. Le Violet est lui-même violenté par ce qu’il croit pouvoir maîtriser mais il est si petit, minuscule même dans cette main de la Nature, à laquelle il appartient et qu’il abime par ailleurs. Le couvercle de la malle, lorsqu’il se referme avalera absolument tout.

Il me semble urgent de changer nos représentations, de prendre conscience que nous ne sommes qu’une infirme partie de l’ensemble du vivant. Ce vivant, nous l’avons parasité, ce qui est certes, dommageable pour nous. Mais si nous pouvons enfin oser sortir de notre égocentrisme, nous nous sommes en réalité approprié l’ensemble du vivant autre que nous en le considérant comme une ressource. Chaque individu vivant a une valeur, il convient d’interroger notre place et notre lien à ces autres individus que nous avons totalement déconsidérés. Ainsi, cette culture dénigrante des autres espèces permet de légitimer la maltraitance des animaux, l’élevage intensif ou l’empoisonnement des végétaux.

Le loup

La figure du loup, toujours au rendez-vous, se retrouve derrière les barreaux, blessé et condamné. Les mots du papier sur lequel il est peint sont les déterminismes en filigrane auxquels nous nous conformons sans plus les interroger. Ils sont là et nous créons par dessus, c’est ce qui enferme. Pour sortir de l’enfermement, il faut déjà sortir de nos conceptualisations, ce qui signifie changer nos mots pour dire les choses. Nous sommes des animaux. Nous appartenons au Vivant. La nature n’est pas autour de nous, nous sommes la nature.

Le poème du loup

Le loup ne chante rien demain
Il se trouve
Pour rare, pour pouvoir

Le loup ne hurle plus,
Il se trouve
Qu’il a été vendu.

Et les ombres gesticulent
jusqu’à saigner dans les contours
S’abiment à posséder
Déambulent à leur tour, à leur sourd

ignorant

Ce qui craquèle sous leur peau
Contractant, une amnésie de couleurs, et de mots
Ayant perdu les nécessaires hurlements
qui révèlent pourtant
et rappellent comment
Sublimer les fissures.

Et l’appel urgent de panser la rupture.

Comment réparer ?

Les prémisses d’un projet de réparation sont présents et prennent la forme de la fissure dorée qui propose une référence au kintsugi (méthode japonaise consistant à réparer les failles de porcelaine ou de céramique brisée avec de la poudre d’or). Le pansement aussi est présent dans sa dimension polysémique : l’importance de « panser » et de « penser » ces failles et ces blessures. Ainsi que de réinventer une autre manière de vivre et de réorganiser l’unité des vivants.

La pratique de la sublimation de la fissure et le pansement qui peut se décoller pose tout de même la question de la suffisante et de la pérennité de ces actions de réparation.

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