Collection « Le corps discipliné » – 2019


Mes créations / lundi, mai 13th, 2019

La collection « Le corps discipliné » composée de différentes techniques visuelles et écrites provient d’une recherche autour de l’expression des limites que « nous » attribuons au corps (notamment féminin), à la discipline que « nous » lui imposons, à la liberté que « nous » ne lui permettons pas.

C’est pourquoi, Louve, 2019
D’après une phrase tirée du livre « Et le vent reprend ses tours » de Vladimir Boukovsky

Nous ne sommes pas nus dans nos têtes …

Les injonctions flottent, et s’ancrent dans un état de conscience relative en nous sous la forme de cette masse violette.

Corps sage, Louve, 2019

LE VIOLET
Qu’est qu’une violence ?

Qui décide ?

Instance, nom féminin

D’après le dictionnaire linternaute

  • Sens 1 : Demande pressante. Synonymes : sollicitation, insistance, demande, supplication
  • Sens 2 : Institution ayant le pouvoir de décider. Synonymes : juridiction, institution, imminence, autorité
  • Sens 3 : Ensemble des actes constituant une procédure, de la demande au jugement. Exemple : être en instance de divorce. Synonyme : procédure
Instance, Louve, 2019

A qui est-ce de décider de faire porter le masque ? Le papillon violet qui colle au visage, qui coupe du corps et qui enserre à la taille. Qui pour le condamner, qui pour l’arrêter ? Une demande ? Une supplication ? Qui pour réparer ? Une plainte criée, étouffée, portée ou les pleurs infinis ?
Une autorité ? Pour conférer légitimité, sagesse, empathie. Parce que si tu n’en es pas morte, est-ce si condamnable ? Une imminence ? As tu des preuves ? Combien de temps pour les chercher ? Une procédure ? Ou un doigt d’honneur pour simplement se permettre d’exister même si cela doit être condamné.

C’est sale, ça coule et ça dégouline sur le papier. Ça aussi, ça fait pareil, dedans et sur ta peau aussi, ça fait des tâches. Des éclaboussures dans tes pensées noircies. C’est ainsi que tu te vois.

Sa parole

Qui l’écoute ?

Sa parole, Louve, 2019

Texte figurant sur le collage :

« J’écris en CURSIVE et en ARABESQUE
Les courbes sont aussi celles de mon corps
des TRACES précis
L’injonction d’être belle d’être une femme

Je panique d’exprimer
Par des SIGNES LOGOGRAMMES
par mes images par mes mains par mes mots
Par mes yeux mes PHYLACTERES
JE NE SAIS PAS ME TAIRE

J’écris en codé en REBUS en mystère
Composer des énigmes pour crier
des GRIBOUILLIS indéchiffrables
Pourtant emplis de sens
cachés dans une COQUILLE fermée
Puisqu’ils ne peuvent qu’exister

J’écris les courbes de mon corps
Et les signifiants méprisés
J’ai l’injonction d’être belle
d’être une femme, de me taire

Et de garder caché
Le vide dans ma poitrine
Le désir d’exister
De dire que j’enrage
d’enfermer mes mots

et d’ignorer ces démences
qui me collent

Mais j’ai l’injonction de ne pas être folle »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *