Imagésie : « Ca aurait pu être romantique »


Création / mardi, novembre 6th, 2018

Pas de bec. Pas de mots. Il se tait.
Il se tient de l’autre côté, mais ne peut s’empêcher de regarder. Par fascination ou par dégoût. On ne peut pas ignorer.
Il se tait. Il sait mais ne dira rien. Il n’y a rien à dire des choses banales.

L’automne s’annonce instantanément, il fait un temps brouillardé. On ne voit plus tout à faire autour, on ne voit que soi et l’autre.
L’autre qui nous veut, l’autre qui se sert. Et soi sans aucun membre, on gît doucement. On ne sait pas si on est d’accord ou pas tout à fait. En fait, on n’a pas l’habitude de se poser la question.
Aucun bruit, on est si proches. On voudrait s’enfuir si loin. On se sent morcelé, indistinct. On rêve de quand reviendra le printemps.

Mais c’est normal pour soi de se tenir volontaire, de répondre sagement aux attentes de chacun. De s’oublier quand on a pour mission de contenter tout le monde, on s’exclut alors. Le monde on n’en fait plus partie.

C’est ce qu’on nous a appris.

Le printemps sera sourd et sera déchiré. Même les bourgeons naissants se souviennent d’avoir autant souffert à l’automne. D’avoir manqué d’air, de se sentir lourds de détenir ces pensées qui pèsent.
Pourtant. Ça aurait pu être romantique.

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